mercredi 3 août 2011

Point de vue de Ian

Suite à la demande de la Comtesse, voici le chapitre 9 vue par le beau Ian...





Une heure que je roule sans vraiment de but, une heure qu'on m'a livré ce petit bijoux. J'aurais été le plus heureux si seulement cette voiture ne venait pas de mon père et s'il ne me l'avait pas envoyée pour combler son manque d'inquiétude sur mon état.
Quand je pense que sans Silver je ne serais plus de ce monde et que lui...Tiens, si j'allais la chercher ? Je me sers du téléphone de bord et appelle Samantha pour la prévenir que Sil et moi ne seront pas là pour l'entrainement quotidien, puis je prends la direction de St Antoine. Je vois déjà la tête qu'elle va faire ! Et puis sa présence va me calmer, j'en suis certain. Il en est toujours ainsi quand Sil est près de moi surtout depuis cette attaque. Je m'en suis aperçu à plusieurs reprises. Quand elle est avec les filles en mission shopping, quand elle est en cours et moi coincé à l'institut, quand...quand tout simplement le soir elle rejoint sa chambre et que je vais dans la mienne.



À mon arrivé, je la repère immédiatement devant l'arrêt de notre car. Par chance, il n'est pas encore passé. Je me gare juste devant elle. Ce qu'il y a de marrant avec les vitres teintées de cette petite merveille, c'est que je peux voir la tête qu’ils font tous en se demandant qui peut bien être au volant de cette voiture. Je finis par ouvrir la fenêtre côté passager.



- Salut ! Sil tu montes, je t'emmène.



- J'y crois pas s'exclame Abby !



- Et nous demande Noëla ?



- Désolé les filles, mais pas cette fois ! Leur dis-je résistant à leur moue boudeuse.



Silver s'installe. Une fois qu'elle est bien attachée, je remets le moteur en route et file en direction de Manhattan.



- Où allons-nous ?



- Tu verras bien !



- Elle est à qui cette voiture ?



- À moi depuis...



Je regarde l'heure sur ma montre mais je m'aperçois que je l'ai oubliée. Elle doit être restée sur la tablette du lavabo lorsque j'ai pris ma douche.



- Depuis environ une heure.



- Où as-tu trouvé les moyens de te l'offrir ?



- Cadeau de mon père.



Oui c'est un cadeau de sa part, pour se faire pardonner, pour se racheter ou plutôt pour m'acheter, moi! À la pensée de mon géniteur, je sens la colère remonter en moi alors qu'elle avait disparue lorsque mon amie était montée. Je me contrôle et mène la discussion avec Silver.



- Ton père ! S'exclame-t-elle surprise.



Il faut dire que je ne lui ai encore pas beaucoup parlé de lui, ni de...enfin elle ne sait presque rien sur moi.



- Quand as-tu vu ton père ? Me demande-t-elle avec la même expression sur le visage.



- Je ne l'ai pas vu ! Il ne se donne jamais la peine de venir me voir, pourquoi l'aurait-il fait aujourd'hui ?



Comme pour me répondre, Sil hausse les épaules. Elle est si mignonne lorsqu'elle fait ça, mais à parler de mon père, je me sens de plus en plus en colère et pour passer celle-ci j'appuie un peu plus sur l'accélérateur.



- Il me l'a faite livrer à l'institut ! «Je te souhaite un prompt rétablissement »  a-t-il fait mettre sur une carte. Tu te rends compte que je ne l'ai pas vu depuis plusieurs années et là, il m'envoie un cadeau, une petite carte et fait semblant de se soucier de moi ! Tu parles, c'est juste pour se donner bonne conscience.



- Comment a-t-il su pour ton agression ?



- Samantha l'a appelé immédiatement après que Dim ait réussi à l'avoir. Elle lui a dit que j'avais été blessé et que c'était grave mais il lui a répondu qu'il ne pouvait pas venir immédiatement, de le tenir au courant de l'évolution de mon état. Non mais tu y crois ? J'ai bien failli y rester cette fois et il ne se donne pas la peine de venir à mon chevet !



- Ne t'énerve pas comme ça s'il te plait, je te rappelle que tu as le volant entre les mains.



Quel idiot ! Je lui fais peur à m'énerver autant.



- Excuse-moi ! Je ne voulais pas te faire peur, tu sais que je n'en ai pas après toi.



- Ce n'est pas toi qui me fais peur mais plutôt ta conduite !



Crétin ! Je m'énerve, je m'énerve et ne me rends ma pas compte de ma vitesse alors que nous sommes au beau milieu de Manhattan. Je ralentis immédiatement et m'excuse à nouveau. Le but est de passer un bon moment et pas de lui faire peur au point qu'elle ne veuille plus venir se balader avec moi en voiture.



- Je vais nous trouver un endroit où nous pourrons discuter sans danger.



Vu le quartier dont nous approchons, je décide de la conduire sur les lieux de notre rencontre. Le toit. Afin de garder un peu la surprise, je me gare dans la rue adjacente. Reconnait-elle l'endroit ?



- Viens, on va marcher un peu. Lui dis-je doucement.



Elle me sourit. J'aime son sourire. Il est si doux.
Nous descendons de voiture, j'hésite à la fermer, je suis curieux de connaitre la réaction de mon père si on me la volait, mais en même temps, je ne voudrais pas que Silver s'inquiète et doive prendre les transports. Je verrouille donc les portières et range la clef dans ma poche. Je lui prends la main et l'entraine dans une petite ballade.



- Sam sait que nous sommes là ? S'inquiète-t-elle.



- Oui, ne t'en fait pas, nous avons annulé ton entrainement aujourd'hui.



J'espère que ça suffit à la rassurer. Je la regarde. Elle semble sereine, heureuse d'être là elle aussi. Arrivés en bas de l'immeuble la surprise se lit sur son doux visage. Elle ne dit rien alors je l'entraine sur le toit. Nous nous installons sur le rebord. Ce même rebord qu'il y a quelques temps. Nous regardons, dans un silence mutuel l'horizon devant nous ainsi que la foule perpétuelle des rues puis je finis par prendre la parole le premier.



- Tu dois te demander pourquoi on est venus ici.



- Un peu j'avoue. Me répond-t-elle d'une voix toute mielleuse.



Il y a tellement de choses que je voudrais lui dire à ce moment précis. Tellement de questions que j'aimerais lui poser.



- En fait, je n'ai pas eu l'occasion de vraiment te remercier de m'avoir sauvé.



Mensonge ! Belle esquive cependant.



- Ian me dit-elle dans un soupir.



Ça peut paraitre idiot, mais j'adore entendre mon prénom dans sa bouche.



- Tu l'as fait déjà au moins dix fois. Finit-elle.



Pas si bonne esquive...C'est bien malin, il va falloir que je trouve autre chose...et pourquoi pas me jeter à l'eau ?




- Ok, je capitule...Je voulais te demander...en fait...oh zut !



Lance-toi ! Aller, dis-lui !



- Est-ce que tu te sens différente depuis que tu m'as ramené ?



C'est un premier pas, pas exactement ce que je voulais lui dire mais bon, ça s'en approche.



- Différente? Comment ça ?



- Tu ne ressens pas certaines choses différemment ?



Je sais, je tourne autour du pot comme on dit, mais ce n'est pas facile d'être direct quand il s'agit de sentiments et encore plus difficile quand c'est la fille qui me plait.



- Non, je te l'ai déjà dis.



Bon et bien comme ça c'est dit ! Je suis déçu, je m'attendais à ce qu'elle partage cette étrange sensation.



- À vraiment ! Dis-je finalement en essayant de cacher ma déception.



J'espère qu'elle ne s'en rend pas compte. Je ne voudrais pas la mettre mal à l'aise.



- Pourquoi me demandes-tu ça ? Il y a un problème ? Tu te sens différent toi ?



C'est malin, maintenant elle s'inquiète !



- Non, non, je suis en pleine forme maintenant.



Quel idiot ! C'était le moment idéal pour lui dire tout ce que j'ai sur le cœur. Lui dire combien elle me manque quand elle n'est pas avec moi, combien le contact de ses doigts m'est agréable. En même temps, si je lui avais dis et qu'elle ne partage pas mes sentiments, elle....non, je ne veux pas prendre le risque qu'elle s'éloigne de moi. Mais lui mentir n'est peut-être pas la solution, je vois bien à son expression qu'elle est tracassée, qu'elle se pose des questions. Tant pis, je prends le risque. Je vais lui parler de cette impression qui ne me quitte plus depuis qu'elle m'a sauvé et selon sa réaction, je lui avouerai que je...



- Bon ok, tu as raison Sil. Depuis que tu m'as sauvé, j'ai l'impression de devoir être avec toi à tout moment, chaque instant où je suis éloigné est un vrai calvaire. Je ressens comme un manque quand on est séparés d'où le fait que je te propose tout le temps de venir avec moi.



J'ai parlé si vite que je ne sais pas si elle a eu le temps de saisir mes paroles. Elle ne répond rien, c'est mauvais signe. Soit elle n'a pas compris, soit elle va prendre la fuite, soir elle va me rire au nez...



- Silver, dis quelque chose !



- Je...je suis là pour toi et je le serai toujours.



Comment dois-je le prendre ? Pourquoi me dit-elle ça. Elle ne répond pas à ma question. Est-ce une façon polie de me dire : «  t'es gentil, je t'aime bien mais restons en là car je ne partage pas tes sentiments. » Je dois en avoir le cœur net.



- Je sais ça mais toi tu ne ressens vraiment rien de tel ?



Une fois de plus j'ai le droit à son hochement d'épaules si craquant mais cette fois il me plait moins, il est accompagné d'un non de la tête. Elle ne sourit plus...je dois dire quelque chose avant de la perdre.



- Ne t'en fait pas Silver ! Je ne vais pas envahir ta vie privée et puis ce n’est pas comme si j'étais amoureux.



J'ai choisi de le dire à la plaisanterie, en souriant. J'espère que ça va arranger les choses. Mais qu'est-ce qui m'a pris ? Je crois que ma blague a fait un flop. C'est bien malin, elle a les larmes aux yeux.



- Silver ! Pourquoi tu sembles si triste ?



- Pour rien, ça va passer.



Elle me sourit, mais je n'y crois pas.



- Je repensais juste au moment où je t'ai retrouvé dans le vestiaire.



- Ni pense plus. C'est fini maintenant.



C'est mon rôle d'ami de lui remonter le moral. Oui, mon rôle d'ami...car c'est ce que je suis...un ami.



Nous ne parlons plus, nous restons simplement là-haut à regarder la vue. Le temps s'écoule sans qu'aucun de nous ne reprenne la parole. Soudain, j'éprouve le besoin de me confier à elle. Je veux qu'elle sache pourquoi je ne parle jamais de...de ma famille. Alors je lui raconte ce qui s'est passé peu après mon anniversaire. Je lui parle de moi, de l'équipe de foot dans laquelle je suis entré. Je lui parle aussi de cet affreux soir où ma famille s'est effondrée, où elle a touché le fond à jamais. Je sens mon cœur se serrer quand j'évoque ce soir là, quand je parle de maman et d’Issy. Oh Issy, tu me manques tellement petite sœur...Je sens monter les larmes mais heureusement, Sil prend la parole avant que je ne faiblisse.



- Tu n'y es pourtant pour rien !



Elle est si gentille, elle essaie à son tour de me remonter le moral. Je ne m'en veux pas...enfin si...je m'en veux toujours autant d'avoir écouté mon père, d'être resté à l'intérieur si longtemps. Je me dis que si j'étais sorti en même temps que lui, rien de tout ça ne serait arrivé, les traqueurs, car je sais à présent que c'était eux, m'auraient tué moi, et ma mère et Issy auraient survécu. Issy aurait grandie, elle aurait fait des études, se serait mariée...



- Je sais, à l'époque je n'en étais pas capable. Mais je sais qui à tué ma famille ?



- Qui ?



- Ce sont des traqueurs ! Ils sont là pour tuer tous ceux qui comme moi protègent les humains des démons.



- Mais pourquoi ?



Silver est si naïve pour ce qui concerne notre monde. J'aimerais qu'elle le reste le plus longtemps possible, j'aimerais la protéger de tout ça, qu'elle n'ait jamais à croiser un lycanthrope ou autres créatures de la nuit, et surtout j'aimerais qu'elle soit toujours très très loin de ces traqueurs.
Après lui avoir parlé de ces monstres et de la façon dont ils profitaient de notre faiblesse, Silver est un peu sous le choc, mais je la vois prendre sur elle.



- C'est horrible!



- Oui !



- Mais Ian, que s'est-il passé après avec ton père?



La fameuse question ! Mon père, parlons en oui, il m'en a voulu pour ma mère et Issy voilà ce qui s'est passé. J'en ai trop dis à Sil pour ne pas finir.



- Il s'est de plus en plus tourné vers son boulot et m’a complètement oublié.



Voilà c'est dit ! J'enchaine immédiatement avec ma rencontre avec Sam, je ne lui donne pas tous les détails, le sujet reviendra sûrement un peu plus tard. Inutile de lui dire que je me suis mis à boire et que j'ai arrêté les cours.



- Un soir alors que j'errais dans les rues de New-York j'ai été attaqué par un vampire et c'est Sam qui m'a sauvé. Ça faisait un an que j'étais mal dans ma peau alors quand elle m'a proposé de la rejoindre j'ai accepté immédiatement et mon père ne s'y est bien sur pas opposé. Il tenait là l'occasion de m'éloigner définitivement de lui.



- Je trouve son comportement si...je ne comprends pas comment il a pu te faire ça. Tu as eu tellement de chance que ces traqueurs ne t'ai pas tué, ni ce vampire.



Elle passe de ma compassion à la colère...Silver est vraiment incroyable, pas étonnant que je l'aime autant.



- Maintenant tu connais mon histoire toi aussi.



- Et je comprends mieux pourquoi tu étais si en colère tout à l'heure dans la voiture. D'ailleurs que comptes-tu en faire ?



Très bonne question...À vrai dire, j'hésite entre l'abandonner dans un des quartiers chauds, la donner à un nécessiteux, l'emmener à la casse...où l'offrir aux garçons, Adam serait fou !



Histoire de finir sur une note positive et de couper court à la séquence émotion, je décide d'emmener Silver manger une glace avant de rentrer.
Une fois à l'institut, je laisse Sil devant sa chambre et file prendre ma douche. Je suis en train de m'habiller lorsque je sens la présence de mon amie se rapprocher, j'ouvre donc la porte, constate que je ne me suis pas trompé puisqu'elle a encore le poing levé, elle allait frapper. De la voir ainsi coupée dans son mouvement me donne le sourire.



- Je savais que tu arrivais ! On va manger ?



- Oui, allons-y.

3 commentaires:

Lau a dit…

C'est trop mignon! Pourquoi elle ne lui a pas avoué l'aimer aussi? )= Il c'est ouvert a elle, et elle non, c'est un peu injuste.
J'ai bien ris en imaginant la tête d'Adam si Ian lui offrait la voiture!
Chapitre super =D

elise a dit…

Ils voulaient tous les deux se confier et parler sentiments mais ils ont pas osé!!
allez lancez vous :)

La Comtesse a dit…

Pas toujours facile d'avouer ses sentiments, mais parfois il faut savoir se lancer !