samedi 18 juin 2011

Chapitre 4




Je reste un moment devant mon café à regarder la fumée s'élever. J'ai la possibilité de retourner sur le toit et achever ce que je voulais faire avant que Ian ne m'en empêche ou d'aller chercher mes uniformes et retourner à l'institut pour commencer une nouvelle vie...
Avec tout ce que mon nouvel ami a fait pour moi, je ne peux pas le laisser tomber de cette manière et puis, si je dois être franche avec moi même, il commence à avoir une certaine importance pour moi. Je prends le papier avec l'adresse qu'il m'a laissé et me rend au point de retrait de mes uniformes. Arrivée devant, je vérifie que je suis bien à la bonne adresse et pousse la porte vitrée, faisant résonner le carillon qui y est suspendu.
C'est une petite boutique toute simple, il y a un comptoir en face de l'entrée, quelques plantes d'agrément, quatre fauteuils en osier avec une petite table sur laquelle est posé une petite pile de magasines. Rien de bien extravagant.

- Bonjour, il y a quelqu'un ?

- ...

- Hou, hou !

- Oui, oui hurle une voix de l'arrière boutique.

Une femme vêtue d'un pantalon noir et d'un chemisier en satin écru passe un rideau de perle crème et marron et se place au comptoir. Elle doit avoir entre cinquante et soixante ans, à moins que ce ne soit un effet dû à ses cheveux grisonnant tirés en chignon et à ses petites lunettes qu'elle porte sur le bout de son petit nez en trompette.

- Bonjour, on m'envoie vous voir pour prendre mes uniformes pour St Antoine.

- Vous avez votre bon de retrait ?

- Un bon ! Non, on ne m'a rien remis.

- Sans votre bon, je ne peux pas vous remettre vos tenues.

- Je comprend bien mais le garçon qui devait m'accompagner a reçu un appel d'urgence de la directrice et a dû oublié de me le laisser.

- Quel est son nom ? Peut-être que je le connais.

- Je ne connais que son prénom, il s'appelle Ian.

- Juste un prénom...

- Écoutez, je suis arrivé à l'institut hier, je ne connais personne encore, je me contente de faire ce qu'on me demande.

- L'institut s'exclama-t-elle ! Pourquoi ne pas me l'avoir dit avant? Samantha m'a laissé un message, vous devez être Savannah !

- Oui madame.

- Quelles est votre taille et votre pointure ?

- Je fais du trente-huit et en pointure ça dépend soit du trente-huit soit du trente-neuf.

- Je vous apporte ça, vous pouvez vous assoir en attendant.

Je n'ai pas très envie de découvrir les derniers potins sur les stars hollywoodiennes alors je me mets devant la vitrine et observe ce qui se déroule dehors. Comme je l'ai remarqué du haut de l'immeuble, les gens marchent droit devant eux sans même remarquer la vieille dame qui demande quelques pièces. Il ne me reste que cinq dollars mais je décide de les lui donner. Je sors de la boutique pendant la préparation de mes affaires et me dirige vers elle.

- Une petite pièce s'il vous plait continu la femme assise sur un carton à chaque personne qui passe devant elle.

- Tenez lui dis-je en lui tendant mes quelques pièces.

- Merci, merci beaucoup jeune fille.

- De rien, vous en avez plus besoin que moi.

- Merci me dit-elle une dernière fois en me prenant la main.

Elle examine ma paume,puis reprend.

- Vous avez fait une rencontre qui a changé votre avenir et en ferez d'autres qui en feront autant. Vous êtes destinée à une grande et belle destiné.

Je n'ai jamais vraiment cru aux diseuses de bonne aventure. Cependant, si je prête attention à ce qu'elle vient de dire,
La rencontre peut être Ian, car notre rencontre a effectivement tout changé... il m'a sauvé la vie.

- J'espère que vous avez raison !

- Soyez prudente, méfiante envers les gens à qui vous accordez votre confiance, la jalousie, l'ignorance et la haine peuvent provoquer bien des dégât, il ne tient qu'à vous de faire de votre destinée quelque chose de positif Savannah.

- Mademoiselle...Vos affaires sont prête !

Je détournais la tête vers la boutique.

- J'arrive tout de suite !

Je veux remercier la vieille dame mais à peine ais-je redirigé mon regard sur elle qu'elle a disparu. N'étais-ce qu'un rêve ? Je retourne prendre mes paquets, remercies la dame et reprends la route de l'institut. Tout en marchant, je repense à cette femme sur le trottoir, à ce qu'elle m'a dit et à sa volatilisation plus qu'étrange.
Après quelques minutes de marche, perdue dans mes pensés et sans que je m'en rende vraiment compte de la direction que j'ai prise, je me retrouve en bas de l'immeuble duquel je souhaitais sauté. Je le regarde un instant. Vu d'ici il parait si haut ! Je décide d'y remonter. Je prend l'ascenseur et en moins de deux minute me retrouve là haut. Je me mets au bord et jette un regard autour de moi. J'ai pris ma décision mais...Il n'y a personne pour m'en empêcher à présent ! Comment réagirait Ian ? Je respire un grand coup et regarde l'immensité du ciel merveilleusement bleu où pas un nuage ne passe.
Maman, ma chère maman, il n'y a pas un jour où je ne pense à toi, sans que tu me manques, mais si je n'ai pas rêvé et si cette femme à dit vrai alors nous n'allons pas nous retrouver tout de suite. Je ne t'oublie pas et nous serons réuni un jour. Mais Ian, m'a dit que tu n'aimerais pas que j'abrège ma vie, je ne lui ai pas dis mais je penses qu'il a raison, je pense effectivement que tu voudrais que je vive et fasse de grandes choses si c'est la ma destinée, alors c'est ce que je vais m'efforcer de faire à partir d'aujourd'hui. Je vais me battre !



Deux heures plus tard à l'institut

Je viens d'arriver à l'institut et ne sachant pas ce que je dois faire de la carte de crédit que m'a remit Ian, je décide de passer au bureau de la directrice pour la lui rendre.
Je vais pour frapper lorsque j'entends que plusieurs personnes parlent à l'intérieur. Je prend ma patience à deux mains et attends dans le couloir. Tout comme je m'en suis aperçu, lors de mon arrivé la veille, les murs sont très fin et laissent aisément passé les voix. Pour ce qui est de l'immédiat, je peux entendre Samantha et une autre voix, masculine, très grave mais en même temps douce limite suave. C'est surement celle d'un homme d'un certain âge, un peu plus de la cinquantaine, je dirais. Il parle calmement, il n'y a dans leurs paroles aucunes animosités mais plus de l'inquiétude. D'après ce que je peux entendre, quelqu'un fait les cents pas dans le bureau. D'après les brides de la conversation que je peux écouter, il s'agit de meurtre, l'homme explique que plusieurs jeunes des quartiers chics ont été retrouvé dans des ruelles sordides loin de chez eux et vidé de leur sang et que d'après les services de polices il s'agissait certainement d'un gang.

Devons nous nous inquiéter et agir ? Demande alors Samantha dont la voix trahit certains doutes.

- Je pense oui. Lui répond l'homme.

- Très bien, Rose, Ian, préparez une équipe et allez y faire un tour cette nuit.

- Bien répondirent les deux intéressés.

Je ne comprend pas vraiment en quoi deux adolescents peuvent agir sur cette histoire de gang meurtrier et encore moi en quoi l'institut peut être concerné. J'entends des pas se diriger vers la porte.

- Ian !

- Oui ?

- Soit rentré pour minuit au plus tard, il ne s'agit que d'une mission de reconnaissance. Vous n'agissez sous aucun pretexte ce soir ! Sauf urgence.

- Bien !

- Ian! Il y a une chose encore dont je voudrais parler avec toi.

- laquelle ?

- Tu peux y aller Rose on se voit demain pour un rapport tous les trois !

- Pas de problème Sam.

Avant même d'avoir le temps de me sauver en courant ou d'improvisé une réplique, Rose ouvre la porte et me dévisage.

- Décidément c'est un dont chez toi d'écouter aux portes ! S'exclame-t-elle d'une voix assez forte pour que les occupants du bureau l'entendent et dirige leurs regards vers moi.

Immédiatement je me sens rougir, une fois de plus ils vont croire que j'écoutais aux portes.

- Je...je... j'attendais juste pour rendre la carte.

- Entre Savannah me lance la directrice. John, on se tient au courant !

- Oui bien sur.

Un homme de grande taille sort du bureau et me détaille de la tête au pied en passant. Je me suis complétement trompée, c'est à peine si il a quarante ans, les cheveux brun, le regard sombre. Il était vêtu d'une parka noir sur un costume de même couleur. Seule sa chemise blanche légèrement ouverte de deux boutons au col tranchait. Il me salua à la va-vite avant de poursuivre sont chemin. Je le regarde s'éloigner et entends Samantha me rappeler à l'ordre et me sommer de rentrer pour la seconde fois.

- Pardon...je ne voulais pas vous espionner, je voulais vous rapporter ça lui dis-je en lui tendant la carte que m'avait laissé Ian avant de partir.

- Oh ! Je te remercie.

- Non, c'est moi...vous avez déjà fait t'en de chose pour moi.

- Ce n'est rien ! Disons que tu as un ange gardien à la hauteur lâche-t-elle en regardant Ian avec un petit sourire en coin.

- Oui, il faut croire. Lui dis-je en regardant dans le même sens qu'elle.

Ian se mit à rougir légèrement se qui trahissait son malaise et lui donnait un air vraiment charmant.

- Je voulais demander à Ian comment c'était passé ta journée mais puisque tu es là, je tiens l'occasion de discuter un peu avec toi.

Je lui souris, je ne sais pas ce qu'elle attend vraiment de moi et cela me met mal à l'aise.

- Ian, tu peux nous laisser et aller aider Rose si tu veux bien.

- D'accord ! Passe me voir quand tu auras un instant me lance-t-il en passant près de moi pour sortir.

Ian referme la porte derrière lui, me laissant seule dans cette grande pièce avec Samantha. Je regarde tout autour de moi, ne sachant pas si je dois m'assoir ou engager la conversation. J'attends donc en silence admirant la beauté des lieux.
Je me trouve dans une vaste pièce décoré avec beaucoup de goût. Derrière elle, ce qui attire immédiatement mon intérêt, c'est une gigantesque bibliothèque rempli de livre visiblement très ancien. Face à la porte, une grande fenêtre qui occupe facilement les deux tiers du mur. Samantha elle, est assise sur un fauteuil derrière un magnifique bureau en ébène, enfin c'est ce que j'en déduis au vu de sa couleur noir.
Samantha se lève est m'invite à la suivre vers le sofa bordeaux qui se trouve près de la fenêtre.

- Assis toi et raconte moi un peu ton histoire. Ian m'a très peu parlé de toi. Il a juste abordé les conditions dans lesquelles, il t'a rencontré.

Je rougis en repensant qu'il m'a empêché de sauter du toit d'un immeuble.

- N'est pas honte, la vie nous tend parfois bien des pièges. Parle moi un peu de ton enfance, de ce qui t'a conduit sur ce toit...

- Je suis née ici, à New-York. Ma mère m'a élevé seule car mon père à disparu deux jours avant ma naissance, il n'a jamais dit pourquoi ni donné aucunes nouvelles depuis d'ailleurs.

- Tu ne l'as donc jamais connu !

- Non! Il n'a même pas cherché à me retrouver quand on m'a confier à ma tante Éloïse après l'assassinat de maman.

- C'est affreux ! La police a t-elle arrêté le coupable ?

- Non, quand ils sont arrivés sur les lieux il n'y avait que le corps. La police a dit qu'elle avait surement été tué ailleurs car elle s'était vidé de son sang et que sur les lieux il n'y avait aucune traces. Le coupable ne s'est même pas donné pas la peine de lui prendre son argent ou ses bijoux,. Elle avait même son sac avec elle, ce n'était donc pas un vol qui avait mal tourné

- Il y a parfois des injustices, mais je suis sur que lors du jugement dernier, cet homme ou cette femme paiera. Continue...

- Oui, j'espère qu'un jour où l'autre il paiera pour ça.
N'aillant pas d'autre famille qu'Éloïse, j'ai été confié a elle mais je ne peux pas dire qu'elle m'ait accueillit les bras ouvert. Elle était en colère contre ma mère pour l'avoir laissé seule pour vivre son rêve New-yorkais plusieurs années avant et même quand mon père nous a faussé compagnie, elle avait refusé son aide et son soutient à ma mère. Mais là, elle n'avait pas le choix, elle m'a donc prit chez elle. Durant une année, elle m'a obligé à aller à l'église tous les dimanches avec elle pour que je me confesser de mes soit disant pêchers. Mais je n'avais rien à me reprocher. La semaine, je n'avais le droit de sortir de la maison que pour aller en cours, elle venait toujours me chercher pour être sur que je ne traînais pas avec des jeunes de mauvaises influences. Et je vous passe, les nombreuses corvées dont je devais m'accomplir avant de monter dans ma chambre pour faire mes devoirs et finir par m'endormir épuisée.

- Ma pauvre, tu as eu une année bien sombre, mais poursuis, je t'écoute.

- Je ne supportais plus qu'Éloïse me rabaisse et encore moins l'entendre critiquer ma mère alors il y a une semaine, j'ai fais croire que j'étais malade et le directeur ne parvenant pas à joindre ma tante m'a autorisé à partir et à rentrer chez moi. Ayant rempli mon sac de quelques affaires, je me suis enfui et suis revenu directement à New-York, la seule ville que j'ai toujours connu. J'ai erré quelques jours au fil de mes souvenirs, puis je me suis rendu sur ce toit. La suite, vous la connaissez.

- Voulais-tu vraiment sauter ?

- Ce jour là oui !

- Pourquoi dis-tu ce jour là ?

- Parce qu'aujourd'hui, je remercie Ian d'être intervenu et de m'avoir offert une nouvelle chance.

- Je crois que tu es une jeune femme forte et courageuse et que tu méritais cette chance. Tu es la bienvenue parmi nous et j'espère que tu trouveras ta place ici et que tu y seras heureuse aussi longtemps que tu le souhaite.

- C'est gentil, mais je pense que je ne vais pas pouvoir rester très longtemps.

- Pourquoi ça ?

- Ma tante ! Elle doit déjà avoir lancé des recherches pour me retrouver. Elle sait certainement déjà que je suis revenu ici et avec mon inscription demain elle me retrouvera très vite.

- Pour ce qui est de te retrouver effectivement, je pense qu'il ne lui faudra pas longtemps même si nous vivons dans une grande mégalopole sauf si nous lui compliquons un peu la tache me lança-t-elle en souriant et je te le répète seule toi pourra décider de quitter l'institut.

- Je suis mineur et elle est ma tutrice légale !

- Nous pouvons te donner une nouvelle identité, enfin si tu le souhaites, je ne t'oblige à rien et vu ton âge, je pourrais, si tu veux bien assuré ta tutelle jusqu'à ta majorité ou ton vœu de nous quitter.

- Pourquoi feriez-vous tout ça pour moi ?

- Parce que... Tu as la confiance de Ian et que je me fis à son instinct et que je suis de son avis, tu as le droit à une nouvelle chance et à une vie d'adolescente la plus normale possible. Réfléchi bien à ma proposition et dis moi ce que tu en penses. En attendant que tu prennes ta décision, je vais appeler la directrice de St Antoine et la prévenir de nier ton inscription si on lui pose des questions sur toi. Ne t'en fait pas, ça va aller maintenant.

- D'accord....Merci beaucoup.

- Ne me remercie pas, prouve moi qu'on a raison de te faire confiance et met à profit cette nouvelle chance qui s'offre à toi.

- Promis !

Je vais pour quitter la pièce lorsqu'elle me rappelle.

- Savannah !

Je fais volte face et la regarde.

- Si tu acceptes mon offre, il te faudra un nouveau nom et renoncer à tout ton passé, penses bien à ça. Aux sacrifices et aux conséquences de cet acte.

- Je n'y manquerais pas. Au revoir !

- À bientôt.




5 commentaires:

elise a dit…

Je me doutais qu'elle allait vouloir retourner sur ce toit !! mais ce qu'elle dit à sa mère m'a rassuré.
c'est bizarre cette vieille femme et ce qu'elle lui a dit mais ça la conforter dans son choix de continuer à vivre :)
Très mystérieuse la conversation qu'elle a surpris on commence à se poser des questions sur cet institut.
Pas beaucoup de Ian mais il est chou quand il se met à rougir.
Savannah va -t-elle accepter de changer d'indentiteé?? je l'espere!
bisous

autraversdesmots a dit…

Très bon chapitre, le suspens nous tient en haleine. Vivement la suite !

Lau a dit…

Super chapitre! Je suis contente qu'elle n'est pas sauté!
Le meurtre de la mère de Savannah et des autres personnes sont liés, j'en suis sur!
Sinon, j'ai vu une petite faute : - Je suis nais ici, à New-York. Ma mère m'a élevé seule car mon père à disparu deux jours avant ma naissance, il n'a jamais dit pourquoi ni donné aucunes nouvelles depuis d'ailleurs.

J'crois qu'on dit Je suis née x)
A bientot
xoxo

sinupsia a dit…

oui oui Lau on dit bien née....je sais pas ce qui m'a pris lol une perte de neurone peut-être ^^

Céline a dit…

Je suis enfin de retour et je retrouve le plaisir de lire les histoires de Ian et Savannah.
Ils sont attachants c'est deux là !
Bon je continue ma lecture